L'après référendum : résister au fait accompli.

Une énième réforme constitutionnelle.

La symbolique du premier novembre qu’on instrumentalisme à nouveau.

Le mépris d’un wali qui tourne le dos à une enseignante.

Un ministre, grisé par le pouvoir et le vent de répression, qui se croit autorisé à balayer toute opposition par une invitation dédaigneuse à quitter le pays. En bon élève de la pensée unique, il a vite revêtu les habits de ses maîtres.

L’incompétence, la médiocrité et la prétention érigées en normes gouvernementales.

Plus de soixante prisonniers politiques : des figures politiques, des activistes, des journalistes, des poètes et de simples citoyens qui ont osé exprimé une opinion sur les réseaux sociaux.

Une ambiance délétère et décourageante, rendue encore plus insupportable par les restrictions liées à la pandémie.

Les forces vives du pays, ses élites culturelles et politiques, sa jeunesse créative et militante, sa diaspora, empêchées de contribuer au bien commun et obligée à redoubler d’efforts pour se faire entendre.

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Une fois passées les élections de novembre, le régime s’empressera de marteler encore sa propagande. De quoi nous plaignons-nous? Nous avons un président élu et bientôt et une nouvelle constitution, toute belle et toute fringante.

« NOVEMBRE 1954 LA LIBERATION. NOVEMBRE 2020 LE CHANGEMENT. »

Rien que ça.


Le régime algérien encore une fois a recours à la sempiternelle stratégie du fait accompli.

Le changement constitutionnel n’a pour autre objectif que de s’assurer encore quelques années d’anomie politique. Aucune règle de bonne conduite ne sera imposée ou suivie. Aucun soucis du bien commun. Corruption, hogra, incompétence. Le sempiternel cocktail.


Et de convaincre ainsi les frileux, les conservateurs que tout cela est préférable aux agitateurs, aux porteurs de slogans, aux révolutionnaires, aux hirakistes qu’on moque, qu’on ridiculise et que l’on jette accessoirement en prison, selon les bonnes vieilles méthodes réactionnaires et autoritaires.

L’anomie politique fait le pari du désespoir. L'effacement des valeurs civiques peut en effet crée un sentiment fort d'aliénation et d'irrésolution. Chacun finit par se recroqueviller sur lui-même. Seule l’existence individuelle compte. Sauver sa peau puisqu’on ne peut pas œuvrer pour le pays. Et on sombre à nouveau dans l’abattement.


La date la plus importante pour les Algérien .ne. s, en cette fin d’année 2020 ne sera donc pas le premier novembre mais les jours qui suivront. Dans quelles dispositions d’esprit nous réveillerons-nous ? Résignés ? Découragés ? Totalement abattus et isolés ? Trouverons-nous la force du combat? Celle du refus du fait accompli ? Aurons-nous la constance des actes de solidarité vis-à-vis de nos prisonniers ? Comment rester unis et comment nous organiser ?


Les réponses se profilent déjà avec entre autres l’initiative politique Nida-22 qui rassemble les figures emblématiques du soulèvement populaire au niveau national et dans les wilayas ainsi que dans la diaspora et dont l’un des objectifs majeurs est de renforcer le rapport de force en faveur du peuple.

Pour que nous ayons les moyens de construire un projet et des alternatives au fait accompli.

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