Palestine électrochoc. Electrosteen, un album qui célèbre le patrimoine palestinien

Updated: Feb 17

Il y a plus de vingt ans, l’ONG Popular Art Center, installée à Ramallah a réuni musiques et chants qui émaillent mariages, enterrements, réunions religieuses et sociales en Palestine. Autant de moments de vie d’un pays que l’on ne cesse de déshumaniser au point d’en oublier et d’en nier le riche patrimoine artistique.


C’est cette banque de donnée sonore qui a servi de source d’inspiration aux artistes réunis dans l’album Electrosteen. An Electronic Celebration of Palestinian Heritage, disponible sur toutes les plateformes digitales (Spotify, Itunes, Anghami, etc.) et qui est en vente en ligne. Le projet est né à l’initiative de « Made in Palestine project », une compagnie qui consacre une grande partie de ses activités à promouvoir, soutenir et encourager les créations artistiques palestiniennes. Son fondateur, Rashid Abdelhamid, a réuni lors d’une résidence de 15 jours à Ramallah, plusieurs artistes de renom, notamment la talentueuse et éclectique DJ Samàa, Julmud, Alnather et Muqataa de Ramallah, Sarouna de Jérusalem, Nasser Halahlih du groupe Zenobia de Haïfa, Bruno Cruz du groupe Ministry of Dub-Key et cofondateur de DAM, Basel Naouri de Jordanie, Walaa Sbait de l’incontournable groupe 47Soul et enfin Mehdi Haddab le virtuose algérien du oud électrique du groupe Speed Caravan.


L’album revisite avec maestria et originalité musiques et chants populaires et leur donne un souffle nouveau à l’aide de pulsations électroniques savamment orchestrées. Il s’ouvre sur un morceau de Muqataa « Uru Salem », à la fois nostalgique et plein d’allant grâce au oud électrique de Mehdi Haddab et à la voix de Walaa Sbait, reconnaissable parmi mille, avec sa capacité rare à convier l’amour du pays et la force de la résistance.


Au fil des morceaux se déploient toutes les gammes de la musique électronique actuelle depuis le magnifique « Dusty Floor » de Bruno Cruz qui sample un chant traditionnel sur fond de Dub. On esquisse quelques pas de danse avec le magnifique et quasi mystique « Ya Halali » (Sarouna) et on se laisse rêver avec « Yabnel 3am » (Al Nather avec la participation du rappeur Shabjdeed). Les amoureux de techno transe pourront danser pendant des heures aux sons de « We Palestinians » (Nasser Halahlih) et des deux morceaux très aboutis de Samáa, « 7ajee » et « Trinity ».


Les auditeurs algériens seront particulièrement sensibles à « Algeriasteen », dans lequel Bruno Cruz, Mehdi Haddab et Walaa Sbait évoquent une révolution à venir tant pour l’Algérie et la Palestine, rappelant s’il le fallait que le destin des deux pays sont depuis longtemps liés. « Algeriasteen » a une signification toute particulière pour le producteur palestinien de l’album Rashid Abdelhamid qui est né et a grandi en Algérie. Il était important pour lui que les deux univers qui sont les siens se marient dans l’un des morceaux de l’album.



L’ensemble de l’album est une célébration d’une Palestine vivante et créative, pleine d’allant et d’énergie qui se bat pour insuffler et répandre des notes de beauté et de poésie. Contre toutes les fausses images et les perceptions erronées d’un pays qui sombre dans la tristesse, le désespoir et l’abattement, cette collaboration musicale est le rappel d’un passé riche, d’un présent courageux et d’un futur que l’on continue d’espérer radieux, pour un pays qui subit, chaque jour qui passe, une injustice sans nom.

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