Présidentielles américaines vues du Maine (4) Bye Don

Updated: Nov 10

La joie est immense. Le soulagement encore davantage.

Les Etats-Unis d’Amérique, pays-continent, vit assez rarement des moments de liesse et de communion nationale.

Même la très réservée Nouvelle Angleterre, assez peu habituée aux effusions est sortie dans les rues pour chanter et danser.

La jeune génération qu’on moque souvent en la traitant d’apathique, qu’on décrit avec dédain comme constamment collée aux écrans et accro aux réseaux sociaux a occupé les rues de Portland et de différentes villes américaines. Et surtout, elle a voté.

Trump a permis cet exploit.

Car qu’on ne s’y trompe pas, c’est surtout sa défaite que les Américains qui ont pris les rues hier, ont fêtée. La satisfaction d’avoir sorti un dangereux populiste de la Maison blanche. La foi retrouvée en la démocratie, après quatre années bien difficiles.

Même l’élection puis la réélection de Barack Obama n’avaient pas engendré autant de scènes de liesse.

Ces jeunes américain.e.s se souviendront donc de ce moment. Il est de ceux qui fondent et définissent une génération politique. Un moment clé qui va dessiner leurs rêves et leurs objectifs. Un moment heureux qui efface le choc et la tristesse ressentis il y a quatre ans, à l’annonce de la victoire de Trump, notamment chez les jeunes filles. Je n’oublierai en effet jamais le désarroi de beaucoup de mes étudiantes au lendemain de l’élection de 2016, ne comprenant pas que leur pays ait pu voter pour un tel personnage.

Il y aura bien évidemment bien des déceptions et des déconvenues.

Il reste aux démocrates à contrôler le Sénat, ce qui est encore possible grâce à deux élections disputées dans l’état de Géorgie (GA) et qui se décideront lors d’un second tour en janvier.


Personne n’est dupe non plus.


Joe Biden, modéré et passéiste, est loin de représenter les aspirations de cette génération « Z » qui rêve d’égalité de tolérance et d’équité.


Même Kamala Harris risque de bien vite les décevoir par des prises de position socio-économiques bien moins progressistes que d’autres personnalités politiques montantes du parti démocrate comme Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan) qui viennent d’être réélues à la chambre des députés.

Mais s’il est une figure politique à suivre dans les prochains mois c’est Stacey Abrams à qui Biden doit sa victoire - si elle est confirmée - en Géorgie. Candidate malheureuse il y a deux ans au poste de gouverneur, dans cet état traditionnellement républicain, elle a fait partie de ceux qui ont aidé à la mobilisation des Africains-Américains, en les encourageant à voter.


Beaucoup pensent aussi qu’elle aurait dû être sur le ticket de cette élection, en tant que vice présidente, mais que Biden a choisi de ménager un certain électorat frileux et sensible aux gammes de couleurs de peau.


Gageons qu’avec le vote de janvier en Géorgie qui décidera du sort du sénat, Stacey Abraham n’a pas fini de faire entendre parler d’elle.





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