Quelques mots pour Amira Bouraoui et nos prisonniers politiques

Un an ferme pour Amira Bouraoui pour « incitation à attroupement non-armé », « offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’Islam », « offense au président de la République par une expression outrageante, injurieuse ou diffamatoire », des « publications pouvant porter atteinte à l’unité nationale ».


Insupportable litanie de "crimes" qui n'en sont pas et que vous avez déjà en partie reproché au regretté Kamel Eddine Fekhar, mais aussi à Khaled Drareni, à Karim Tabou, à Hakim Addad et tant d’autres encore.


L'éternelle ritournelle des mou9adassat : l'Islam, l'unité de la nation et le père Tebboune, tout puissant.

Funeste trinité.

Tout de même, pour Amira, une petite nouveauté, en réalité, un vieil ingrédient bien usé.


L’atteinte au sacré.


Probablement parce qu’Amira est femme, que sa voix a touché juste, que son rire vous a semblé trop sonore et ses colères bien trop franches.

Et ça, vous ne le supportez pas.

Comment a-t-elle pu oser vous défier ?

Alors qu’elle doit vous obéir, ne jamais vous critiquer et encore moins vous insulter.

Vous vous êtes donc dit, profitons-en, ajoutons "l'offense à l'Islam" car pour une femme, avec cet ingrédient, spécifiquement, la solidarité se fissurera.

Vous insultez à nouveau l’Algérie, en croyant que dans vos pièges ridicules, elle tombera.

Le monde est secoué de mille bouleversements et vous vous ne changez pas d'un iota.


Nous vous pratiquons depuis longtemps, comme l’a si bien dit la courageuse Hania (1).

C’est vous qui ne nous connaissez pas.

Vous ignorez la force de notre arsenal.

Trois mots. Seulement trois.

Amour, Pacifisme et Solidarité.

Vous ne nous diviserez pas.

Enfermés dans vos discours creux et votre langue de bois, vous êtes bien incapables de mesurer notre foi.

Ou peut-être commencez-vous à trembler, alors il vous a fallu essayer de salir Amira.


Mais c’est vous qui êtes couverts de boue et de honte.

La violence est vôtre, nous, nous n’avons que nos pas. L’ignominie est vôtre, nous, nous n’avons que nos voix.

L’obscurité est vôtre, et nos prisonniers sont dans la lumière de leurs combats.



Mille pensées à Amira Bouraoui, à tous nos prisonniers politiques , et soutien sincère à leurs familles et leurs proches.


(1) Il s'agit de la militante et activiste Hania Chaabane.




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